Plan de développement du Nautisme et de la Plaisance




YVES LYON-CAEN
PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION DES INDUSTRIES NAUTIQUES


ÉDITO
POUR QUE LA FRANCE RETROUVE SON RAYONNEMENT NAUTIQUE
La France est un pays nautique. Culturellement d’abord. Mer, littoral, eaux vives, lacs, rivages ; en métropole comme en outre-mer, l’activité nautique est pratiquée par près de 9 millions de nos concitoyens, et se transmet de génération en génération, de façon évolutive, au gré des avancées technologiques, des innovations et des tendances. Economiquement aussi. 5000 entreprises portent 40 000 emplois et permettent à notre Pays de disposer de deux des trois salons nautiques les plus importants d’Europe. Son savoir-faire industriel lui permet d’exporter plus de 75% d’une production réalisée sur le sol national et d’occuper un leadership international dans de multiples secteurs.

LA FRANCE EST UN PAYS NAUTIQUE. OUI, MAIS JUSQU’À QUAND ?

Le nautisme à la française est fragilisé aujourd’hui. Au-delà de la crise financière, des freins existent, ils sont de nature sociologique, psychologique, réglementaire... Des idées reçues perdurent. De nouvelles contraintes apparaissent. Et bien sûr, les pratiquants changent, les modes de vie se modifient, le rapport à l’autre, au plaisir, évolue. Le plaisir, car l’activité nautique dans sa diversité, à la voile, à la rame, au moteur, sous l’eau ou au bout d’une canne, en famille ou en solitaire, vite ou lentement…est, et doit, demeurer un plaisir, une sensation de bonheur, une évasion, une liberté.


« Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage ». Cette parole de Périclès illustre justement l’appel pour une mer libre. Lancé par trente organisations contre le projet de taxe de mouillage il y a deux ans et signé par 30 000 personnes, il a abouti au retrait du projet par le gouvernement et a contribué à la création de la Confédération du Nautisme et de la Plaisance. La FIN y est très active car elle croit aux valeurs progressistes de cette confédération. Cette situation a mis en exergue la distance qui s’est installée entre le nautisme et les pouvoirs publics.

Au long des dernières années, ces fractures se sont aggravées. Sur le plan institutionnel, les moyens d’action de l’administration se sont affaiblis et ont conduit à déconsidérer le nautisme et la plaisance comme des acteurs de l’économie bleue. Sur le plan politique, certains responsables ont précipité ce processus, reléguant les pratiquants au statut de « pollueurs playeurs ». Sur le plan économique, en France, la reprise se fait encore désirer même si certains signes laissent espérer un mieux. Des nouveaux enjeux ont émergé également, liés au vieillissement de la population ou à la prise en compte de la sauvegarde du milieu marin.


Consciente des carences d’un système, la FIN a aussi eu la conviction que si rien n’était fait pour (re)dynamiser le secteur, la situation se dégraderait durablement. Les territoires en seront les premiers touchés, car ils demeurent le premier lieu de vie et d’expression de l’activité nautique. Winston Churchill écrivait qu’un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté».


La FIN est résolument optimiste, elle a fait le pari de l’ambition nautique française. C’est pour cela qu’il y a un an, réunis en assemblée générale, tous les métiers (constructeurs, équipementiers, motoristes, professionnels de la glisse, du négoce, de la maintenance, de la location ou des services) ont débuté la rédaction de ce plan de développement. Tout au long de l’année, ils se sont réunis dans les différentes commissions ou au sein des salons nautiques pour mûrir son contenu. Ils ont aussi voulu associer l’ensemble de la communauté nautique dans une démarche d’intelligence collective. A travers une plateforme digitale dédiée (nauticlab.fr) ouverte à tous, les professionnels du secteur ont pu identifier, valider et prioriser les enjeux, leurs causes et les solutions à mettre en oeuvre.


Cette dynamique sans précédent a permis de façonner les actions de développement de la filière nautique française autour de cinq grands enjeux : la compétitivité, le développement des marchés, le développement durable, les territoires et les enjeux nationaux. Ce plan est un cadre, fruit d’une synergie, qui nous donne un cap, un horizon. Il est par nature évolutif et doit être partagé pour gagner en pertinence et en efficacité. Dans quelques mois, notre Pays a un double rendez-vous démocratique important. Nous espérons que ce plan pourra faire l’objet d’une attention particulière pour que la France retrouve son rayonnement nautique.


YVES LYON-CAEN
PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION DES INDUSTRIES NAUTIQUES

Menu